La Chine dans le top 20 des pays les plus innovants, la France 18 ème mais 44 ème en terme d'efficacité.

Tous les pays cherchent désormais à assurer leur croissance en développant leur capacité d'innovation. L'agence de l'ONU en charge de la propriété intellectuelle, l'OMPI, vient de livrer son classement annuel de l'innovation sur 128 pays. La Chine se glisse dans le haut d'un classement qui jusqu'ici était exclusivement trusté par des pays à hauts revenus. La France gagne trois places. Que retenir de ce baromètre de l'innovation ? La Chine entre dans le top 25 des pays les plus innovantsL'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), une des agences de l'ONU, vient de livrer la dernière édition de son classement des pays les plus innovants réalisé avec l'Insead et Cornwell University. Cette étude, très complète, s'appuie sur plus de 82 indicateurs qui recensent tant les facteurs propices à l'innovation mis en œuvre dans les pays, comme le nombre d'année de scolarité, le pourcentage de diplômés en science, l'accès au crédit, le niveau des infrastructures... que les éléments qui caractérisent l'innovation comme la production de connaissance, de brevets, la capacité à exporter des produits et services créatifs, la création de nouvelles entreprises, la perception de revenus de licences, le nombre de vidéos mises en ligne sur YouTube... Chaque pays est noté sur l'ensemble de ces indices afin d'aboutir à un score global qui le positionne dans le panorama mondial. Que faut-il en retenir ?Un classement stableUne stabilité dans le haut de la liste. Les 10 premiers pays bougent très peu. La Suisse se place première comme l'an dernier (et les six précédentes éditions) devant la Suède, le Royaume-Uni, les USA et la Finlande. L'Allemagne décroche une place dans le top 10 alors qu'elle était 11 ème l'an dernier. La France s'établit à la 18 ème place, largement devancé par un pays comme la Corée du Sud qui est désormais classé onzième, gagnant trois places par rapport à 2015.Pour la première fois un pays à revenu intermédiaire entre dans le top 25 : il s'agit de la Chine. Le pays a fait de gros progrès depuis quelques années sur des indicateurs clés comme les dépenses de R&D, les brevets déposés par les résidents, les importations de technologie de l'information, les années de scolarisation, la place de ses universités... Et ce qui devait arriver arriva.Les clivages demeurent, même si les pays innovants se retrouvent dans toutes les régions du globe,. Au-delà de l'Amérique du Nord et de l'Europe dont les pays sont très performants, on trouve dans le top 25 des pays d'Asie ou d'Océanie (Japon, Corée, Australie, Singapour..), du Moyen-Orient (Israël), d'Afrique (Afrique du Sud). Mais si les zones géographiques sont variées, se sont des pays à haut revenus qui trustent les places les plus élevés. Parmi les pays à revenus intermédiaires qui se classent dans le top 50 on trouve la Malaisie (35 éme), la Bulgarie (38 éme), la Turquie (42 éme), le Chili (44 éme), le Costa Rica (45 ème) ou la Roumanie (48 éme).Bien classés mais peu efficacesAu-delà du classement brut, l'agence onusienne identifie un ratio d'efficacité entre les facteurs mis en œuvre et les éléments caractéristiques de l'innovation. Il est intéressant de noter qu'à ce petit jeu, même au sein des pays les mieux notés, il existe de fortes disparités. Le pays qui a la meilleure efficacité est le Luxembourg, la Suisse se classe en 5ème, mais Singapour, par exemple qui est le sixième pays le plus innovant est 78ème en matière d'efficacité. La France se classe en 44ème position sur ce critère alors que la Corée du Sud décroche la 22ème place et la Chine la 7éme. Il est intéressant de constater que deux pays assez proche dans le classement global de l'innovation comme la Bulgarie (38ème) et les Emirats Arabes-Unis (41ème) sont totalement divergents en matière d'efficacité puisque le petit pays d'Europe de l'Est est 16 ème sur son ratio d'efficacité quand les Emirats du golfe n'arrivent qu'en 117 ème position.Enfin, sur un plan plus global, le rapport 2016 souligne que les dépenses de R&D mondiales ont augmenté seulement de 4 % en 2014. Avant la crise de 2009, ces dépenses progressaient chaque année de 7% environ. Ce chiffre résulte du fléchissement de la croissance dans les pays émergents et du resserrement des budgets consacrés à la R&D dans les pays à revenus élevés. Cette situation demeure une source de préoccupation pour l'agence de l'ONU qui rappelle que l'innovation nécessite des investissements permanents.

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